
Retrouvez ici certains de mes poèmes inédits.
Retrouvez ici certains de mes poèmes inédits.
Poèmes de Greg H.
Un bohémien dans la nuit
extrait du recueil inédit “les chiens errants”C’est l’heure pleine et qui dure plus d’un tour de cadran.
C’est la veuve du soleil descendue dans sa peine.
C’est le râle félin aux fenêtres des amants.
C’est tout le fantasme humain qui se lève obscur.
Dans la couche de tous les âges, des enfants aux sages,
Elle entre en silence dans leur lit bordé par l’ange,
La prière abjurée du condamné à vivre,
Elle monte les cieux via les branches de l’arbre azur.
Grande heure de Dieu ! C’est la nuit, ce sombre océan.
Elle couvre le feu des flammes, les phares dans les regards.
Couvercles de peau et de pierre sont ses deux paupières.
C’est ta femme sous le voile et ton chien sur la grève,
Qui ensemble sonnent le rêve, te rappellent à leurs lèvres,
Tu pars dîner de l’air aux chandelles des étoiles.
Une masure de trois pieds de bois pour seul château,
Une bohémienne sans patrie en guise de princesse,
Un linceul à trois pièces à défaut de tombeau,
D’entre les anges tu es le plus heureux damné.
Du lointain je t’observe dérouler ta langueur,
Telle l’éternité qui déploie son tapis à l’infini.
Depuis longtemps j’étudie la plainte en ton cœur,
Ainsi que le principe vital, ô ton esprit !
Mais que puis-je bien dire, mais que puis-je bien faire ?
Tes pas en chemin suivent Orphée jusqu’aux enfers,
Les bacchantes furieuses te retiennent sous terre.
Mon ami de fer le feu, mon frère de saison,
Ne quitte jamais du regard ta constellation,
Il vaut mieux être dévoré le ventre libre !
Le phare Arcadie
Extrait du recueil inédit “Le poème ancien”
Je vois la lumière intime et lointaine
D’un phare qui, au-dessus de l’humanité
Brille pour des yeux secrets.
Tout ce qui vit hors de son illumination,
Est un théâtre fait d’ombres froides,
Qui se chauffent à la lumière d’un artificiel rayon.
Tout ce qui vit dans le halo de ce phare,
Sous des kilomètres de ce soleil pilot,
Est nourri du plus puissant nectar.
Ô que la vie fleure bon en Arcadie !
Le sourire de la muse et le sentiment ami,
Le fruit qui infuse sous une lumière idéale.
La poésie seule est vénale contre un baiser,
Il se vend des rimes dans l’ombre sublime
Des résistants cyprès.
Utile à l’innocence, Ô bonheur !
Apprenons ici à charmer les bêtes sauvages,
Notre lyre nous guidant, Ô courage !
Je vois la lumière intime et lointaine
D’un phare qui, au-dessus de l’humanité
Brille pour des yeux secrets.
Les amours platoniques
extrait du recueil inédit “Le livre des muses”Toi, tu es la vivante mais qui est entourée pour moi d’un linceul,
Tu es l’amoureuse impérissable dont il m’est défendu de soulever le drap.
De ne pouvoir être consommé, tu es le seul amour qui ne meurt pas.
Regarde ce fruit à l’arbre des passions dévorantes,
C’est le nôtre et je t’en supplie ne le cueille pas !
Car sa pulpe est embaumée de poison qui déjà nous hante,
Allons, ne le regardons pas !
Restons fidèles à la vie, pour que nos esprits jumeaux restent vivants,
Amants d’une nature silencieuse, dont les quatre yeux s’unissent tendrement,
Dans la balade hasardeuse des regards interdits, je t’en supplie…
Laisse-moi te fuir un jour sur deux, pour survivre vivons dans notre manque.
Soyons ainsi bénis dans notre malheur, plutôt que de vivre un bonheur damné.
Il nous faut dépasser cet état d’âme étrange,
Alors plus haut que l’amour, un mot reste encore à inventer !
Amour trois fois inavoué, félinité brûlante du point du jour au point du jour.
Sans arrêter de te penser dans le diurne, dans le nocturne tout est possédé !
Grand amour, ou peut-être feu follet, personne ne le saura jamais.
Nous nous tenons éperdus dans notre imaginaire alcôve,
Si la chair n’y est descendue, l’esprit espère encore.
Gloire à cet amour qui dort sur un étrange charbon de cœur,
Il nous livre des jours entiers à l’énergie du bonheur !
Le jardinier
extrait du recueil de poème inédit “Les badauds de l’apocalypse”Qui y a t- il de plus doux
Qu’un jardinier de cimetière,
C’est un petit ramasseur
Qui glane sur les tombes,
Comme un compas mesure ses rondes,
Les dernières volontés.
Le soleil et les oiseaux,
La pluie de temps en temps,
Et l’ombre des cyprès,
Sont des collègues
Bien paisibles.
Il n’y a rien de plus doux,
Qu’un jardinier de cimetière,
Qui ratisse l’ouest de nos cœurs en allés.
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